Les Conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

José-Maria de Hérédia par Adolphe Lalauze

José-Maria de Hérédia

José-Maria de Heredia, est né le 22 novembre 1842 et mort le 2 octobre 1905 est un homme de lettres d'origine cubaine : né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893. En tant que poète, c'est un des maîtres du mouvement parnassien, auteur d'un unique recueil, Les Trophées, publié en 1893, comprenant 118 sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme Les Conquérants, ou qui dépeignent des moments privilégiés, comme Le Récif de corail.Jose maria de heredia 1896 par paul nadar
José-Maria de Hérédia en 1896 par Paul Nadar

Poète parnassien, il devient célèbre dans le milieu littéraire parisien. Pourtant, il publie peu, faisant paraître ses poésies dans des revues littéraires de faible diffusion avant de les réunir fort tard, en 1893, en un volume de 118 sonnets, Les Trophées. Dans l'œuvre originale, il fait appel à son grand ami de toujours, Ernest Jean-Marie Millard de Bois Durand, peintre aquarelliste montmartrois, pour illustrer son ouvrage d'aquarelles originales, qu'il dédie à Leconte de Lisle, et qui est couronné par l'Académie française où il sera élu le 22 février 1894 en remplacement de Charles de Mazade.

Le poète naît le 22 novembre 1842, dans la plantation de café familiale nommée La Fortuna, près de Santiago de Cuba. Il vient en France à l'âge de neuf ans pour poursuivre ses études au collège Saint Vincent de Senlis, où il reste jusqu’à son baccalauréat en 1859. Il y est un élève brillant et très apprécié. La découverte de l’œuvre de Leconte de Lisle fait sur lui une impression profonde...

 

Après un retour à Cuba où il compose ses premiers poèmes français, il revient en France en 1861 où il s'inscrit à la faculté de droit de Paris.

 

De 1862 à 1865, il suit également les cours de l'École des chartes, où il est un élève brillant et sérieux. Mais ses ambitions et ses goûts sont plus littéraires que juridiques et il continue donc à écrire des poèmes, en particulier des sonnets. Il fait partie d'associations littéraires telles que la conférence La Bruyère, et est un membre influent de l'école parnassienne. En 1863, il rencontre Leconte de Lisle et collabore au Parnasse contemporain, tout en nouant des amitiés avec des auteurs tels que Sully Prudhomme, Catulle Mendès et Anatole France.

 

  

 

Jose maria de heredia french poet signature

 

 

Le poète et sa femme passent en 1903 leurs vacances d'été au château de Bourdonné, près de Houdan. Le 1er septembre, peu avant son retour de vacances, Heredia est victime d'une très importante hémorragie digestive haute, arrêtée difficilement par le médecin local. Dès lors, il suit un régime recommandé par Samuel Pozzi. Malgré cela, une deuxième hémorragie gastrique survient en août 1904. Il envisage désormais une mort prochaine avec sérénité. Il meurt dans la nuit du 2 octobre 1905 au château de Bourdonné, des suites d'une troisième et dernière hémorragie (qui était survenue le 4 septembre) ; il est inhumé le 7 octobre au cimetière de Bonsecours (Seine-Maritime).

Tombe de J-M de Heredia à Bonsecours

Tombe de J-M de Hérédia à Bonsecours
avec l'inscription "Mon âme vagabonde à travers le feuillage frémira" (André Chénier)

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Monument au Jardin du Luxembourg

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Date de dernière mise à jour : 26/05/2017