Les mots de passe 2015

Camille

Le mot de passe cette semaine sera "Camille" ! Mais qui était donc ce ou cette Camille ? Replongeons-nous un instant dans l'histoire romaine ... Marcus Furius Camillus dit Camille, est un général et homme d'État romain, né vers 446 av. J.-C., d'une famille patricienne sans renommée particulière, mort en 365 av. J.-C.. Plutarque a écrit sa vie, et Tite-Live le présente comme un des plus brillants chefs d’armée. Ses nombreuses victoires et sa prise de Veies, rivale étrusque de Rome, marquent le début de la lente expansion territoriale romaine.
Vers 403 av. J.-C. il est nommé censeur ; durant cette charge, il incite les célibataires romains à épouser les veuves, nombreuses à cause des guerres fréquentes, et accroît les ressources publiques en supprimant la dispense d'impôt dont bénéficient les orphelins.
En 401 av. J.-C., puis en 398 av. J.-C., il est élu tribun militaire à pouvoir consulaire durant la longue guerre contre Véies et ses alliés étrusques. En 398-397, Camille fait partie des hommes appelés à relever les commandants du siège infructueux de Véies. Il s’y fait remarquer en écrasant les habitants de Faléries et de Capène, alliés des Véiens, ce qui lui vaut la dictature en 396. Après la Bataille de Véies (-396) et la prise de la ville, Camille célèbre son triomphe, puis part faire le siège de Faléries. La répartition du butin ternit cette victoire : Camille avec l’assentiment du Sénat avait laissé ses soldats s’emparer de tout le butin de la prise de Véies. Il ne peut donc honorer sa promesse de consacrer à Apollon le dixième du butin, les pontifes décident que chacun apporterait le dixième de son butin personnel pour se libérer de l’engagement fait au dieu, mesure qui rendit Camille impopulaire. Malgré de nouveaux succès électoraux et militaires en 394 avant J.-C., Camille est cité en justice en 391 avant J.-C. par le tribun de la plèbe Lucius Apuléius pour l’affaire du butin de Véies, et choisit l’exil.
En 390 avant J.-C., la victoire des Gaulois à la bataille de l'Allia l’amène à prendre la direction des Ardéates et à marcher contre l’ennemi. Nommé dictateur pour la deuxième fois , Camille arrive à la tête de ses troupes dans Rome au moment où Brennus, le chef gaulois, exige des Romains réfugiés au Capitole qu’ils lui versent une somme d’or déterminée par une balance sur le contrepoids duquel il vient de poser son épée, en lançant Vae Victis ! Camille lui répond que « les Romains ont appris de leurs pères à sauver la patrie par le fer, non par l’or », et l’oblige à la bataille, lors de laquelle les Gaulois sont vaincus.
Rome est entièrement dévastée, sauf le Capitole qui a résisté aux Gaulois. Selon Tite-Live, le peuple et les tribuns de la plèbe envisagent d'abandonner le site et de s'installer à Véies. Camille les en dissuade, plaidant l'impossibilité de quitter le sol consacré aux dieux protecteurs de Rome, et encourage la reconstruction des temples et des maisons.
Rome est reconstruite, Camille remporte d’autres victoires sur certains peuples latins rebelles. Il est encore dictateur en 389 puis 386 et 381  avant J.-C., et bat successivement les Volsques, les Herniques, les Étrusques, triple victoire qui lui vaut le triomphe et permet à Rome d’annexer une partie du territoire des Volsques.

Camille fresque de ghirlandaio florence 1482 1484                                                         Camille differents peumples du latium                          
       
Camille                                                                          Les différents peuples du Latium
fresque de Ghirlandaio (Florence 1482-1484)
 

L’œuvre de Camille ne se limite pas aux champs de bataille. Il est désigné dictateur pour la troisième fois en 368 avant J.-C. en raison de son prestige, pour empêcher le vote en force des lois licinio-sextiennes, projet qui réservait une des deux magistratures consulaires à un plébéien. Selon Tite-Live, Camille ne parvient pas à faire fléchir la résolution des tribuns de la plèbe Caius Licinius Stolon et Lucius Sextius Lateranus malgré sa menace de lever une armée et d'enrôler tout le peuple sous l'autorité militaire. Camille démissionne de sa dictature.
L'année suivante en 367 avant J.-C., de nouveau dictateur malgré son grand âge, Camille mène sa dernière action militaire : il extermine à Albanum des Gaulois qui avaient de nouveau envahi l'Italie, et débarrasse pour longtemps les Romains de ces ennemis. Selon Plutarque, Camille a préparé cette bataille en améliorant l’armement du soldat romain : casque en métal, bouclier renforcé de métal, et usage des javelots même dans les combats au corps à corps, pour parer les coups d'épée. De ces indications, certains historiens ont crédité Camille d'une réforme de l'armée romaine et son fonctionnement, dont peut-être le camp construit chaque soir.
Toujours dictateur, Camille doit faire face à Rome à une nouvelle tentative du tribun Licinius Stolon de faire passer ses projets de loi. Selon Tite-Live qui donne peu de détails sur cet épisode, Camille fut impuissant à lui faire barrage. Plutarque présente une version plus favorable : quittant le forum sous la pression de la foule, Camille fait le vœu d'élever un temple à la Concorde si la paix civile revenait, ce qui arriva
Ce fut son dernier acte politique. Il meurt à un âge avancé en 365 avant J.-C. lors d’une épidémie, fréquente à Rome à cette époque.

Citations
    « Quant à Furius Camillus, parmi tant de faits remarquables qu’on rapporte à son propos, le plus singulier et le plus étrange, c’est que cet homme qui remporta tant de succès éclatants à la tête des armées, qui fut nommé cinq fois dictateur, qui célébra quatre triomphes, et fut inscrit comme second fondateur de Rome, ne fut pas une seule fois consul. »
    « Il mérita d'être appelé, après Romulus, le second fondateur de la ville de Rome. »

(Mot de passe du 15/04/2015)

Cincinnatus

Laissons Rome savourer la paix retrouvée après l'accord trouvé avec les Etrusques et transportons nous environ  un siècle plus tard pour faire la connaissance de Lucius Quinctius Cincinnatus (v. 519 – v. 430 av. J.-C.), homme politique romain du Ve siècle av. J.-C., consul en 460 av. J.-C. et dictateur à deux reprises en 458 et en 439 av. J.-C. Il est considéré par les Romains, notamment les patriciens, comme un des héros du premier siècle de la République et comme un modèle de vertu et d'humilité. Il est une figure historique, avec un rôle semi-légendaire, la réalité de ses actions ayant pu être amplifiée par les historiens romains, tel Diodore de Sicile, Tite Live ou Denys d'Halicarnasse, qui ont décrit ses faits et gestes.
Il est le fondateur de la branche des Quinctii Cincinnati, membres de la gens Quinctia. Selon Dion Cassius, le cognomen Cincinnatus proviendrait du fait qu'il porte les cheveux bouclés !

En 460 av. J.-C., une armée d'esclaves et d'exilés, menés par le Sabin Appius Herdonius, parvient à s'emparer pendant quelques jours de la citadelle de Rome. Les consuls, aidés d'un contingent venu de Tusculum, lancent l'assaut pour chasser les insurgés. Le consul Publius Valerius Publicola est tué lors des combats et Cincinnatus est élu consul suffect pour le remplacer.
Cincinnatus s'oppose violemment aux tribuns de la plèbe réélus sans cesse. Il critique également les autres patriciens pour leur oisiveté. Finalement, des sénatus-consulte sont votés d'un commun accord : « les tribuns ne présenteraient point leur loi cette année, et les consuls n'emmèneraient point l'armée hors des murs. À l'avenir, maintenir les magistrats dans leurs charges, réélire les mêmes tribuns serait, au jugement du Sénat, une atteinte à la République. » Mais les mêmes tribuns sont réélus, et les patriciens veulent alors nommer Cincinnatus au consulat pour faire face. Ce dernier refuse! Selon la tradition,  Cincinnatus se retire sur quatre jugères de terre qu'il lui reste dans l'ager Vaticanus, sur la rive droite du Tibre.

En 458 av. J.-C., une nouvelle guerre est déclarée par les Èques qui rompent les traités de paix en envahissant le territoire latin. Le Sénat romain tente de restaurer la paix et envoie des délégués pour négocier avec les Èques mais en vain. Les tribuns de la plèbe s'opposent une nouvelle fois à la mobilisation, avec quelques succès jusqu'à ce que les Sabins menacent à leur tour Rome. Devant ce nouveau danger, le peuple finit par prendre les armes. Le consul Caius Nautius Rutilus est envoyé combattre les Sabins. Il mène une campagne éclair et ravage leur territoire. Son collègue Lucius Minucius Esquilinus Augurinus est quant à lui pris de court face aux Èques et se retrouve assiégé près du mont Algide. Rutilus est rappelé à Rome et en accord avec le Sénat, il nomme un dictateur pour faire face à la situation. Selon la tradition, Cincinnatus se consacre à la culture de ses terres quand les sénateurs viennent le supplier d’accepter la dictature. Il sait que son départ risque de ruiner sa famille, si, en son absence, les récoltes ne sont pas assurées. Néanmoins, il accepte et prend Lucius Tarquitius Flaccus pour maître de cavalerie. En seize jours, il libère le consul assiégé, défait les Èques à la bataille du mont Algidea , célèbre un triomphe... et abdique !!! Sa restitution du pouvoir absolu dès la fin de la crise devient, pour les futurs dictateurs romains, un exemple de bon commandement, de dévouement au bien public, de vertu et de modestie

.Cincinnatus abandonne sa charrue pour dicter les lois de rome ribera 1856
Cincinnatus abandonne sa charrue pour dicter les lois de Rome ( Juan Antonio Ribera, 1856).


    « Les envoyés du Sénat le trouvèrent nu et labourant au-delà du Tibre : il prit aussitôt les insignes de sa dignité, et délivra le consul investi. Aussi Minucius et ses légions lui donnèrent-ils une couronne d'or et une couronne obsidionale. Il vainquit les ennemis, reçut la soumission de leur chef, et le fit marcher devant son char, le jour de son triomphe. Il déposa la dictature seize jours après l'avoir acceptée, et retourna cultiver son champ. »

En 439 av. J.-C., les consuls nomment Cincinnatus dictateur pour mater une révolte de la plèbe et condamner Spurius Maelius, riche plébéien qui achète, avec sa fortune, du blé pour nourrir la population. Sa popularité est devenue telle qu'il aurait aspiré à la royauté. Une fois dictateur, Cincinnatus n'a pas à répondre de ses actes et peut donc faire face comme il le souhaite à la situation, contrairement aux deux consuls, tenus par les lois. Il choisit pour maître de cavalerie Caius Servilius Ahala. Ce dernier exécute Spurius Maelius alors que celui-ci résiste à son arrestation, avec la bénédiction du dictateur, qui ordonne qu'on rase sa maison dont l'emplacement reçoit le nom d'Equimeliuma .

Cincinnatus meurt à près de 90 ans, vraisemblablement vers 430 av. J.-C.

En Amérique, la figure de Cincinnatus est fréquemment rapprochée de celle de George Washington, comme par exemple quand ce dernier, tel Cincinnatus, se retire sur ses terres à Mount Vernon à la fin de la guerre d'indépendance en 1783. La même année, des officiers de l'armée de la République Américaine fondent l'Ordre de Cincinnatus, ou Société de Cincinnatus, présidé par Washington. La médaille que portent les membres de l'ordre représente, dans le médaillon central, Cincinnatus à sa charrue. Une des plus importantes villes de l'État de l'Ohio a été baptisée Cincinnati en l'honneur de la Société des Cincinnati.

Dans les arts, le retrait politique et le retour à la terre volontaire de Cincinnatus puis les sénateurs romains venant le chercher pour lui proposer les pouvoirs dictatoriaux sont des thèmes récurrents en peinture et en sculpture.

 

Cincinnatus statue de foyatier jardin des tuileries                                                                              Cincinnatus schonnbrunn
    Statue de Cincinnatus,( Denis Foyatier, Jardin des Tuileries, Paris).               Statue de Cincinnatus, Schönbrunn.

Notre mot de passe sera "Cincinnatus"  !!!
(Mot de passe du 08/04/2015)

Clélie

Notre mot de passe pour le premier tournoi "Promespérance" du mois d'Avril doté comme chaque mois d'un abonnement gratuit de 10 jours par notre partenaire Funbridge sera "Clélie"!  La voici peinte par Rubens alors qu'elle s'apprête à traverser le Tibre emmenant avec elle les enfants et les femmes dont elle a obtenu la libération !

Clelie passant le tibre rubens
Clélie passant le Tibre, Pierre-Paul Rubens, 1630-1640
 

 Clélie est une héroïne romaine des débuts de la République romaine, qui marqua la guerre contre Porsenna d'un exploit en 507 av. J.-C. Son nom a pour origine latine Cloelia, provenant du verbe cluere qui pourrait être traduit par « avoir de la renommée ».
Après la proclamation de la République en 509 av. J.-C. et l'expulsion des Tarquin hors de Rome, ceux-ci se réfugient chez le roi étrusque Porsenna et le persuadent de combattre à leurs côtés pour les rétablir sur le trône. La guerre, d'abord à l'avantage de Porsenna qui prend le Janicule, se transforme en un siège interminable. Cependant, grâce à l'exploit de Mucius Scaevola qui suit celui d'Horatius Coclès, Porsenna décide d'entamer des négociations avec les Romains. Il en ressort que les Romains doivent fournir des otages en échange de la levée du siège.

Clélie, l'une de ces otages, s'échappe et traverse le fleuve à la nage, accompagnée d'autres jeunes femmes. Selon certains dont Denys d'Halicarnasse, elle a eu recours à un certain stratagème pour échapper à la surveillance des gardes : elle a demandé à se baigner dans le fleuve et une fois sur la berge, a refusé que les soldats la voient nue. Revenue dans Rome, elle n'y reste pas longtemps car Porsenna la réclame avec d'autres femmes romaines, et les Romains acceptent pour ne pas rompre la paix. Elle est renvoyée, accompagnée par le consul Publicola, mais sur le chemin du camp étrusque, les Tarquin lui tendent une embuscade qui échoue. Cependant, le roi étrusque, pris d'admiration pour son exploit, la congédie et lui permet de prendre avec elle les otages qu'elle veut. Elle choisit les enfants, ainsi que les femmes. Elle est acclamée pour son courage extraordinaire et une statue équestre lui est érigée sur la Voix Sacrée.

Les nombreuses peintures qui représentent Clélie, comme celles de Rubens ou de Stella au musée du Louvre, ou encore de Beccafumi, s'attachent pour la plupart à l'exploit initial, l'héroïque traversée du Tibre telle que la décrit Tite-Live, mais montrent pourtant une Clélie épanouie...

En littérat
ure, Clélie, histoire romaine est un célèbre roman de Madeleine de Scudéry, considéré comme emblème de la préciosité.

Scuderyclelie

(Mot de passe du 01/04/2015)

Mucius Scaevola

Faisons connaissance avec un autre héros légendaire de la jeune république romaine: celui-là même qui nous a valu l'expression "en mettre sa main au feu" ! J'ai nommé Caius Mucius Scaevola ! C'est lui qui nous fournira notre mot de passe hebdomadaire ! 

Caius Mucius Scaevola est un jeune héros du début de la République romaine, qui marqua la guerre contre Porsenna d'un exploit héroïque en 507 av. J.-C., raconté par les historiens romains. On ne sait rien sur lui en dehors de cet épisode. C'est le protagoniste d'une légende romaine connue duquel dérive le prédicat "Mettre la main au feu" pour indiquer être sûr de quelque chose dont l'inquisition se servira (ordalie au fer rouge:elle consistait à porter une barre de fer rougie sur neuf pas (ou marcher sur des socs de charrue chauffés à blanc). La main était par la suite bandée dans un sac de cuir scellé par le juge. Pour savoir si l'accusé était coupable ou innocent, on regardait trois jours plus tard l'évolution de la plaie. Si la plaie était « belle », donc bien cicatrisée, cela prouvait l'innocence. Une vilaine plaie prouvait la culpabilité, la sentence étant proportionnelle à son état. L'histoire de Mucius Scaevola nous est racontée par de nombreux auteurs antiques, principalement par Tite-Live, Plutarque, Denys d'Halicarnasse.

                                                                         Mucius scaevola par deseine le louvre
                                                                                                                                     Caius Mucius Scaevola

 

À peine la République instaurée, Rome se trouve de nouveau sous la menace des Étrusques, conduits par Porsenna pour rétablir sur le trône les Tarquins récemment expulsés. Après avoir repoussé la première attaque, les romains se réfugient à l'intérieur de l'enceinte de Rome et Porsenna commence le siège de la ville et installe son majestueux campement dans la plaine au bord du Tibre. Alors que le siège commence à durer et que la faim commence à tourmenter la population romaine, Mucius, jeune patricien, décide de s'introduire dans le camp ennemi et d'assassiner Porsenna. Pour éviter d'être pris pour un déserteur, il présente au Sénat sa décision et en obtient le consentement.. Sous un déguisement, il pénètre dans le camp ennemi et s'approche parmi la foule qui se tenait près du tribunal de Porsenna, mais, ne l'ayant jamais vu, et craignant que son ignorance ne le fît découvrir en demandant où était le roi, il se trompe et tue l'homme qu'il pense être Porsenna. Aussitôt, il est arrêté et conduit devant le roi qui l'interroge. Loin d’être intimidé, Mucius répond et se présente comme citoyen romain et lui dit être là pour le tuer. Pour appuyer ses propos , il met sa main droite dans le feu d'un brasier allumé pour un sacrifice, et regardant Porsenna d’un visage ferme et d’un œil menaçant, il cherche à l’effrayer en disant « Vois, vois combien le corps est peu de chose pour ceux qui n’ont en vue que la gloire » et lui déclare que trois cents jeunes romains ont juré comme lui être prêts à se sacrifier pour tuer Porsenna!
 

Mucius scaevola devant poesenna louvre
Caius Mucius Scaevola devant Porsenna
(par Charles Le Brun- toile peinte en Italie vers 1643-1645)


Surpris et touché par cette scène, le roi ordonne qu’on éloigne Mucius du feu et lui rend sa liberté. . Effrayé par cette révélation, Porsenna dépose les armes et envoie des ambassadeurs à Rome. Après cet exploit, et comme sa main droite était définitivement invalide, Caius Mucius reçut le surnom de Scævola, qui en latin signifie « gaucher ». Ce surnom sera par la suite conservé par ses descendants. On donna pour récompense à Mucius des prés situés au-delà du Tibre, et qui furent appelés de son nom "prés Mutiens".  Il obtint aussi l'honneur d'une statue consacrée à sa mémoire selon Denys d'Halicarnasse.
Notre mot de passe sera donc "Scaevola" !

(Mot de passe du 25/03/2015)

Horatius Coclès

Restons dans les balbutiements de la jeune république romaine qui se débat dans des conflits internes et externes  (ce qui n'est pas sans nous rappeler les mêmes difficultés qu'à connues la République française quelques 2300 ans plus tard) et intéressons nous aujourd'hui à l'un de ces héros  qui en ont forgé  l'histoire:
Publius Horatius Coclès (« Horace le Borgne ») est un personnage légendaire de la toute jeune République de Rome (507 av. J.-C.). Coclès (prononcez "Coclesse") signifie en latin « le borgne».  Selon la légende, la lance d'un Étrusque lui aurait fait perdre l'œil gauche. D'après Denys d'Halicarnasse, il est le neveu du consul Marcus Horatius Pulvillus
et de la famille patricienne des Horace ( ceux-là qui avaient combattu contre les Curiace  ). Horatius Coclès apparaît dans la tradition romaine lors de la guerre qui opposa le roi Lars Porsenna, un étrusque ami de Tarquin le Superbe à la République naissante.
En 507 av. J.-C., les Étrusques du roi Porsenna prennent d'assaut le Janicule et menacent directement Rome. Le consul Valerius Publicola (vous savez: Publicola, l'ami du peuple) sort avec l'armée au secours des 700 colons du Janicule, et doit faire face à l'armée étrusque plus nombreuse. Suite aux blessures des deux consuls, les Romains prennent la fuite et se réfugient dans la Ville, et l'ennemi s'apprête à y entrer à leur suite, et aurait pénétré dans la ville si trois hommes n'étaient pas restés en arrière pour défendre le seul accès à Rome : le Pont Sublicius, construit en bois pour être détruit en cas d'attaque. Ils barricadent le passage. Parmi ces trois hommes, Horatius Coclès, ainsi que les deux futurs consuls Spurius Larcius Flavius et Titus Herminius Aquilinus, qui se retirent bientôt.

 

Horatius cocles
Horatius Coclès

Ensuite, Horatius Coclès est seul, contre l'armée ennemie, à défendre le Pont Sublicius donnant accès à la ville de Rome, en attendant que ses concitoyens s'affairent à saboter le pont. Il résiste longtemps et lorsqu'il se voit sur le point d'être submergé par les ennemis, il s’écrie : « Père Tibre, je te supplie respectueusement de recevoir ces armes et ce soldat dans un flot bienveillant ». Puis, il demande qu'on coupe le pont derrière lui et, ainsi tout armé, il plonge dans le Tibre. Malgré la grêle de traits qui s'abat sur lui, il rejoint les siens à la nage, sans dommages, après avoir accompli un exploit qui devait demeurer pour la postérité plus fameux que digne de foi.
 

Horatius cocles defendant le pont sublicius charles le brun 16433
Horatius Coclès défendant le pont Sublicius (Peinture de Le Brun - 1643)

L'État récompense un tel acte de bravoure : il a sa statue au Comitium ; on lui donne tout le terrain dont il peut faire le tour en 24 heures avec une charrue. Les particuliers lui manifestent leur reconnaissance et s'associent aux honneurs officiels : malgré la disette, chacun se prive un peu et tire de ses provisions de quoi lui apporter quelque chose, argent, victuailles...

Notre mot de passe sera pour le tournoi Promespérance de ce mercredi "Horatius Coclès" (avec l' accent grave !!!) .

(Mot de passe du 18/03/2015)

Coriolan

Faisons connaissance avec une autre figure de la République romaine: Caius Marcius Coriolanus est une figure semi-légendaire  archaïque. Il appartient à la gens romaine patricienne des Marcii, descendants d'Ancus Marcius, quatrième roi de Rome.
Selon Plutarque, il participa à la bataille du lac Régille menée par le dictateur romain Aulus Postumius Albus contre les Latins d'Octavius Mamilius et Tarquin le Superbe. Il s'y distingue, en protégeant un de ses camarades blessés qui allait être achevé, et reçoit une couronne de chêne des mains du dictateur pour sa bravoure et avoir sauvé un citoyen, et il en est ainsi à chaque bataille à laquelle il participe.
Lors de la première sécession de la plèbe,en 495 av. J-C, il soutient Appius Claudius Sabinus et s'oppose au dictateur Manius Valerius Volusus Maximus, qui souhaitait faire un geste envers la plèbe mais qui abdiqua suite au refus de sa proposition. S'ensuivit l'insurrection du mont Sacré et la création des tribuns de la plèbe.
Il reçoit le surnom de Coriolanus  [Coriolan] pour avoir pris la cité volsque de Corioles en 493 av. J.-C.. Le consul Postumius Cominius Auruncus, après avoir vaincu et repoussé plusieurs armées volsques et pris plusieurs villes ennemies, butait sur leur capitale, Corioles. Les Volsques d'Antium vinrent au secours des assiégés, qui tentèrent une sortie. Le jeune patricien, avec une petite troupe, réussit à repousser ceux qui tentaient la sortie, à les poursuivre jusqu'aux portes et à s'emparer des remparts, provoquant le trouble parmi l'armée de secours. C'est ainsi que Corioles tomba dans le giron de la République romaine9. Le consul lui offrit comme récompense beaucoup d’argent et un grand nombre de prisonniers mais il refusa tout, à l’exception d’une couronne et d’un cheval de guerre : quant aux prisonniers, il n’en demanda qu’un seul, qui était son ami, et lui rendit la liberté.
Il se présente ensuite au consulat, mais le peuple craint qu'il ne lui retire tous ses droits nouvellement acquis, d'autant plus qu'il est largement soutenu par le Sénat romain et les patriciens, et il échoue!
En 492 av. J.-C., une disette frappe Rome car les champs n'ont pas été cultivés pendant les troubles internes. Plusieurs sénateurs, avec à leur tête Coriol
an, blessé par son échec récent au consulat, pensent que c'est le moment de recouvrer certains droits perdus lors de l'insurrection du Mont Sacré trois ans plus tôt, et s'opposent ainsi vivement aux tribuns de la plèbe nouvellement créés. Ces derniers, profitant de la fureur de la plèbe affamée, citent le patricien en jugement, qui est condamné par contumace et qui s'exile chez les Volsques.

Coriolan nicolas poussin coriolan supplie par les siens
 Coriolan supplié par les siens -
Nicolas Poussin,(Musée des Andelys)


Plutarque raconte que Coriolan, méconnaissable sous un déguisement, s’introduit dans la demeure d’un riche aristocrate volsque nommé Attius Tullius Aufidius, et le supplie d’accorder son aide à un fugitif. Il est accueilli avec bienveillance car il est vu comme un allié potentiel contre les Romains, malgré le fait qu'il ait pris et saccagé quelques années plus tôt la ville de Corioles. Il conçoit un plan pour que les Volsques, démoralisés par leur récente défaite et décimés par la peste, reprennent les armes. Attius Tullius Aufidius se rend à Rome durant des Jeux et convainc les consuls de bannir les Volsques de la ville. Une fois fait, il discourt pour les encourager et se venger de l'affront subi, et rapidement tous les Volsques se soulèvent contre Rome. Aufidius est, avec l'exilé romain Coriolan, nommé général. Très vite, Circeii, colonie romaine et plusieurs villes récemment conquises par les Romains tombent entre les mains de l'exilé. En 488 av. J.-C., Coriolan, haïssant Rome et surtout ses tribuns, refuse toute négociation et marche sur Rome... mais Coriolan cède aux prières de sa mère et de sa femme, et se retire.
Il existe plusieurs versions sur sa mort, dont la plus répandue est qu'il fut mis en accusation par les Volsques et assassiné avant son procès. Mais Tite-Live signale que Fabius donne une autre version : Coriolan aurait vécu jusqu'à un âge avancé et répétait à la fin de sa vie : « L'exil est bien plus pénible pour un vieillard ». Enfin, Cicéron affirme qu'il se serait suicidé, ne pouvant accepter l'impuissance causée par son isolement.,

Coriolanus veturia aux pieds de coriolan par gaspare landi
Veturia aux pieds de Coriolan
de Gaspare Landi
Notre mot de passe pour ce mercredi sera , vous l'avez deviné "Coriolan" !
(Mot de passe du 11/03/2015)

Publicola

Aujourd'hui nous nous intéresserons à Publius Valerius , consul en 509 av. J.C. Homme politique romain du VIème siècle avant J.C., illustre membre de la gens patricienne des Valerii dont l'origine remonte à la création de Rome. Selon Plutarque, les Valerii seraient, peu après la fondation de Rome, à l'origine de la réconciliation entre les Sabins et les Romains. Denys d'Halicarnasse indique également qu'il serait un descendant des sabins venus avec Titus Tatius (vous vous rappelez:il fut co-roi de Rome avec Romulus).  Publius Valerius est considéré comme l'un des fondateurs de la république romaine. Sous le règne de Tarquin le Superbe, il s'acharnait à défendre la justice et à aider ceux qui en avaient besoin. La république est apparue en 509 av. J.C. après l'expulsion du dernier roi, Tarquin le Superbe suite au viol de Lucrèce par  Sextus Tarquin, le fils du roi !  Quatre hommes s'étaient jurés de renverser la royauté, la Tyrannie des Tarquins et d'établir la république : Spurius Lucretius Tricipitinus, le père de Lucrèce, Lucius Tarquinius Collatinus, le mari de Lucrèce, Lucius Junius Brutus et Publius Valerius. Les quatre hommes avaient exposé le corps de Lucrèce au Forum, harangué la foule et prononé l'expulsion du roi par la Lex Lunia de Tarquiniis exilo multandis. La République était née. Lucius Junius Brutus et Lucius Tarquinius Collatinus sont élus Consuls, mais après l'abdication de Collatin et son exil de Rome, les Comices centuriates réunies par Lucius Junius Brutus, élisent finalement Publius Valerius, consul en 509 av. J.C. Avec son collègue, Valerius complète le sénat décimé par la tyrannie de Tarquin et le ramène à 300 sénateurs. Ils font partager les biens de Tarquin entre tous les citoyens romains. Après sa  victoire contre Tarquin , Publius Valerius obtient le droit de triompher. Il propose à l'assemblée et fait adopter une série de lois qui lui valent le surnom de Publicola ou d'ami du peuple. Il profite de sa popularité pour réformer la constitution romaine. On décrète la peine de mort contre quiconque aspire à la royauté. Les licteurs des consuls doivent abaisser leurs faisceaux devant le peuple assemblé dans ses comices  et en ôter les haches dans l'intérieur de la ville. Enfin, il est établi qu'un citoyen pourrait toujours en appeler à l'assemblée du peuple des jugements rendus par les magistrats.
Ses principaux apports constitutionnels sont :
- le droit d'appel devant le peuple d'un jugement donné par un magistrat;
- la peine de mort contre tout conspirateur royaliste;
- l'impunité pour l'auteur d'un meurtre contre tout homme aspirant à la tyrannie;
- la peine de mort contre celui qui se proclame magistrat sans l'aval du peuple;
- la suppression de tout impôt;
- et l'administration du trésor public, gardé au Temple de Saturne par les questeurs.

Valerius Publicola est élu une seconde fois au consulat avec Titus Lucretius Tricipitinus et une troisième fois lors de l'assaut mené par Porsenna contre Rome en 507 av J.C. Le roi Etrusque accepte la paix avec les romains et se retire.Après avoir repoussé les étrusques, il entreprend une nouvelle guerre contre les sabins en 506 et 505 av J.C. qu'il défait. Cette nouvelle victoire lui apporte une nouvelle fois l'honneur du triomphe.
Il est réélu consul en 504 av J.C. pour la quatrième fois avec encore Titus Lucretius Tricipitinus comme collègue. Il reçoit un nouveau triomphe après une nouvelle victoire contre les Sabins. Il encourage le futur Appius Claudius Sabinus, riche citoyen de Régille, à venir s'installer à Rome où il est reçu au sénat (il créera ainsi la gens des Claudii).
Malgré tous ces services, Valerius devient un jour suspect. Il avait une maison en pierre bâtie au-dessus du Forum, sur le mont Capitole, et quelques-uns disaient qu'il voulait en faire une forteresse pour de là opprimer la liberté publique. En une nuit, Valerius la fait démolir....

Valerius Publicola meurt au combat en première ligne en 503 av J.C. lors d'une nouvelle guerre contre les Sabins. Denys d'Halicarnasse ne signale pas cette mort au combat, mais dit juste qu'il tombe malade et décéde. Comme le souligne Tite-Live et surtout Denys d'Halicarnasse, il décède si riche en gloire, mais sans fortune, que ses funérailles doivent être faites aux dépens de l'Etat, et les dames romaines prennent le deuil pour lui comme pour Brutus!
Plutarque et Aurélien Victor, quant à eux, ont écrit tous deux une biographie de Publius Valerius Publicola, respectivement dans "Les vies parallèles des Hommes illustres" et "Les Hommes illustres de la ville de Rome".
                                        
Denys d halicarnasse ne a halicarnasse en 60 av jc mort a rome en 8 av jc      

Denys né à Halicarnasse en 60 av Jc et mort en 8 av JC, 
historien, rhéteur et grammairien
       
 Laissons le mot de la fin à Denys d'Halicarnasse ("Antiquités romaines")

« Cet homme, bien qu'il fût l'un des quatre premiers patriciens qui expulsèrent les rois et confisquèrent leurs fortunes, bien qu'il fût investi quatre fois de la puissance consulaire, qu’il fût victorieux dans deux guerres avec les meilleures conséquences et qu’il célébrât le triomphe les deux fois [...] et bien qu'il eût de telles occasions pour accumuler des richesses [...] il ne fut néanmoins pas surmonté par l’avarice, le vice qui asservit tous les hommes et toutes les forces à agir bassement ; mais il continua à vivre sur le petit domaine qu'il avait hérité de ses ancêtres, menant une vie supérieure de sang-froid et de frugalité à chaque désir, et avec peu de moyens il éleva ses enfants d'une manière digne de leurs naissances, faisant comprendre à tous les hommes qu'il est riche, non qu'il possède beaucoup de choses, mais qu'il exige peu. »

Notre mot de passe pour le tournoi Promespérance de mercredi sera bien évidemment "Publicola" !
(Mot de passe du 04/03/2015)

Patricien


La république est donc proclamée en 509 av. J.C. C'est là qu'apparaissent les fameuses lettres Sqpr SPQR : Senatus Populusque Romanus.

La principale innovation constitutionnelle est la création du consulat exercé par deux Consuls .[ Les consuls, premiers magistrats de la république , convoquaient et présidaient le sénat, faisaient les levées, commandaient les armées, et dans l'origine administraient les finances et la justice. Douze licteurs, portant chacun des faisceaux de baguettes du milieu desquelles sortait une hache, les précédaient pour leur ouvrir passage au milieu de la foule ou exécuter leurs ordres, soit qu'il fallût battre de verges un coupable ou lui trancher la tête. Les consuls nommés pour un an , gouvernaient alternativement chacun pendant un mois; on désignait l'année par leur nom en disant, par exemple, tel fait s'est passé sous le consulat de Junius Brutus et de Tarquin Collatin. ] 

La république reste avant toute une révolte de l'aristocratie romaine contre la monarchie : le pouvoir reste entre les mains d'une seule classe dirigeante, les patriciens qui avaient eu beaucoup à souffrir du dernier roi (Tarquin), Deux d'entre eux, sous le nom de Consuls, auront donc le pouvoir, mais ne l'exerceront qu'une année, de sorte que chaque patricien pourra espérer que lui-même ou un des siens arriverait à cette charge. Ce partage et la courte durée du commandement empêche en outre les nouveaux chefs de l'Etat de se rendre jamais redoutables à l'ordre des patriciens. Les Comices Centuriates, créées par Servius Tullius , élisent donc Junius Brutus et Lucius Tarquinius Collatinus qui seront les premiers "consuls" de la République !

Les comices centuriates se réunissaient sur le Champ de Mars (campus Martius), qui contenait les septa (enclos de vote) pour les électeurs, un tabernaculum pour le président et la villa publica pour les augures
.Citoyen romain votant pour un plebiscite sa tablette porte la lettre v pour vti rogas comme tu demandes c est a dire oui
Monnaie romaine :
Citoyen romain votant pour un plébiscite. Sa tablette porte la lettre "V" pour "Vti rogas" ( Comme tu demandes) , c'est-à-dire "Oui" !

 
Notre mot de passe pour ce mercredi sera " patricien"!

(Mot de passe du 25/02/2015)

licteur

L’orgueil et les excès de Tarquin le Superbe l'ont font détester du peuple qui, assoiffé de liberté et à l’instigation des patriciens, a entamé un mouvement révolutionnaire et républicain aboutissant à la destitution et à l’exil du dernier roi étrusque. La République (du latin « res publica », la « chose publique », c’est-à-dire l’affaire de tous) succède à la monarchie absolue et durera près de 5 siècles. Elle se caractérise par :

  • La mise en place d’institutions,
  • La conquête de l’Italie et du bassin méditerranéen,
  • L’éclatement de guerres civiles qui affaibliront progressivement le régime.

Les institutions:
Par opposition à l’absolutisme, les Romains créent une série de pouvoirs destinés à s’équilibrer tout en assurant une efficacité maximale à l’action de l’Etat.
Rome est dirigée par une hiérarchie de magistrats élus par les comices qui comprennent dorénavant des représentants de l’ensemble des citoyens (patriciens et plébéiens). Le pouvoir suprême est confié simultanément à 2 consuls.
Les magistratures étaient subdivisées en plusieurs catégories parmi lesquelles figurait la plus prestigieuse : le « cursus honorum » ou « carrière des honneurs ». Elle représentait le parcours à suivre par le jeune Romain qui se destinait à une carrière politique couronnée par un poste de consul. Au fil du temps, les magistratures ont été ouvertes aux plébéiens comme aux patriciens. Un âge minimum était requis pour chaque magistrature et il fallait avoir servi 10 ans dans l’armée avant d’avoir accès à la charge de questeur, la plus basse dans la hiérarchie. A chaque charge correspondent des fonctions bien précises. Un certain délai devait également être respecté avant de pouvoir prétendre à la charge supérieure.

Les plus hauts magistrats bénéficiaient de gardes du corps : les licteurs

-- Licteur romain   Licteur

C'est ce "licteur" qui nous servira de mot de  passe demain mercredi !!! 

(mot de passe du 17 février)

république

Les deux filles de Servius Tullius  avaient épousé les deux fils de Tarquin l'Ancien, Lucius Tarquinius et Aruns Tarquinius: l'ambitieuse Tullie avait été fiancée à Aruns, le plus doux des deux frères et sa soeur à Lucius qui mérita par son orgueil et sa cruauté le surnom de Superbe. Tullie trompe son mari avec Lucius, son beau-frère. Plus tard, elle se débarrasse par le poison son mari et sa soeur pour épouser Lucius. Poussé par son épouse, Lucius renverse Servius Tullius avant de le faire assassiner par ses gardes. Il interdit qu'on ensevelisse son beau-père et liquide les sénateurs qui avaient soutenu Servius Tullius.  Tarquin traite cruellement l'aristocratie romaine et gouverne l'Etat sans faire appel au sénat.

Au roi succède le tyran !
Tarquin le superbe Tarquin le Superbe

Entouré d'une garde de mercenaires et secondé par une partie des sénateurs , Tarquin gouverne sans souci : dépouillant les uns de leurs biens, bannissant les autres et punissant de mort tous ceux qui lui inspirent des craintes.  Il abolit la constitution de Servius; comme son père, Tarquin aime la pompe et la magnificence. Il  achève la construction du grand égout ou Cloaca Maxima et commence la construction sur le Capitole d'un temple dédié à Jupiter le Meilleur et le plus grand (Optimus Maximus), à Junon et à Minerve.

Le temple de jupiter sur le capitole
 le temple de Jupiter sur la Capitole

En 509 av J.C., exaspéré par la tyrannie et les exactions de Tarquin, le sénat émet un senatus-consulte, confirmé par les curies qui proclame la déchéance du roi, son exil et celui de tous les siens. Les romains renversent la monarchie et installent la république !!!
C'est ce bien joli mot qui nous servira de mot de passe cette semaine !

(mot de passe du 10 février)

Servius Tullius

Servius Tullius donc  accède à la royauté à la suite de l'assassinat d Tarquin l'Ancien, son beau-père, en 575 av. J.C. : c'est le premier souverain à accéder au pouvoir sans consultation populaire. Il est appelé Servius parce qu'il est le fils d'une captive. Sa mère, femme du roi de Corniculum, était tombée au pouvoir des romains, après la prise de cette ville, et fut réduite par le droit de la guerre à servir un maître, après avoir été reine. Mais l'enfance de Servius fut marquée par des prodiges, signes manifestes de la faveur divine. On vit une flamme voltiger autour de sa tête pendant qu'il dormait, et s'éteindre quand il se réveilla. Témoin de ce prodige, la reine Tanaquil prit en vive affection le protégé des dieux : après la mort de Tarquin, elle lui assura la royauté.

                                                             Servius tulliusServius Tullius
 Fondateur de l'organisation administrative et militaire de Rome : il divise la population en quatre tribus urbaines: Palatine, Suburane, Colline et Esquiline (regio Suburana, Esquillina, Collina, Palatina), chaque quartier ayant son tribun qui dresse les listes pour les contributions et le service militaire. Il  instaure le cens  et répartit la population en cinq classes censitaires selon la fortune. Il recense la population romaine (quatre vingt mille citoyens en âge de porter les armes). Il développe Rome en réunissant à la cité le Viminal, l'Esquilin et le Quirinal, par l'édification d'une muraille (à laquelle  il donnera son nom) et une puissante levée de terre (ager) que précédait un fossé large de 100 pieds, profond de 30. Rome a alors la grandeur d'Athènes : deux lieues et demie de tour.
                                                                                    Servius tullius muraille servienne gare termini de rome 
           La Muraille Servienne  (Rome-gare de Termini)

Il réforme l'armée. Servius conclut avec les trente villes latines un traité et pour mieux resserrer les noeuds de cette alliance, on élève, à frais commun, un temple à Diane sur le mont Aventin. Quelques peuples sabins y viennent aussi sacrifier.
Il transforme la constitution romaine de façon radicale : le vote cesse d'être individuel et dépend désormais du cens. Le territoire est divisé en vingt-six cantons nommés aussi tribus, et tout le peuple, patriciens et plébéiens, d'après le cens c'est-à-dire d'après la fortune, en cinq classes et en cent quatre-vingt-treize centuries dont la dernière est formée par les prolétaires. Ceux-ci sont exclus du service militaire. Servius ne veut pas confier des armes à des citoyens qui ne possédant rien ne puissent prendre intérêt à la chose publique ni donner à l'Etat une garantie de leur fidélité. Une guerre contre les Véiens et les Etrusques se termine, pour Rome, par un accroissement de territoire; mais la distribution de ces terres que Servius fait aux pauvres augmente encore la haine des patriciens, dont il avait, par ses lois, considérablement diminué la puissance. Aussi favorisèrent-ils la conspiration qui se forme contre le roi populaire. (un roi social ???)...

Notre mot de passe : "Servius".

(Mot de passe du 3 février)

Tarquin

Tarquin l'Ancien est le premier roi étrusque de Rome. Il est né en 656 av. J.-C. et il est le cinquième des rois de Rome. Fils d'un réfugié corinthien et précepteur des fils du quatrième roi de Rome Ancus Marcius, Tarquin les écartera  à la mort de leur père, sans toutefois les tuer, pour accéder au pouvoir.


Tarquin l'Ancien

Roi bâtisseur, il fait construire un système de drainage (égout) connu sous le nom de Cloaca Maxima. Il dessèche les bas-fonds marécageux situés entre le Palatin, le Capitole et les dernières pentes du Quirinal qui deviennent le forum. De l'autre côté du Palatin, entre cette colline et l'Aventin se trouvait une vallée, la Valus Murcia. Tarquin édifie dans cette vallée le Grand Cirque (Circus Maximus) où il institutionnalise les jeux du cirque. Il construit également le temple du dieu romain Jupiter sur le Capitole. Il fit la guerre aux Sabins et agrandit encore le territoire de Rome.


Le cloaca maxima (Rome)

Il périt en 578 av.J.C  assassiné par ordre des fils d'Ancus qui ne purent empêcher Tanaquil, sa mère, de lui donner Servius Tullius pour successeur. (toute cette histoire est semi légendaire).
Notre mot de passe pour mercredi sera "Tarquin" !

(Mot de passe du 27/1/2015)

 

Mamertine

Ancus Martius (ou Marcius), gendre de Numa Pompilius est lui aussi sabin. Il se préoccupe du ravitaillement de la cité en construisant le premier aqueduc (Aqua Martia) ainsi que le premier pont sur le Tibre (pont Sublicius), le fait en bois, afin qu'on puisse le couper aisément, si l'ennemi veut s'en servir et en défend les approches par une forteresse sur le mont Janicule qu'il incorpore dans la ville. Il restaure et encourage les pratiques anciennes négligées pendant le règne de son prédécesseur Tullus Hostilius, tourné vers la guerre. Dès le début de son règne, Ancus charge le grand Pontife de mettre sur des tables les révélations des commentaires de Numa. Il est pacifique mais les circonstances l'amène à guerroyer contre ses voisins. Les Latins viennent de rompre l'alliance conclue avec Tullus. Quatre de leurs villes sont prises; leurs habitants déportés sur l'Aventin, et le territoire de Rome étendu jusqu'à la mer. Aux bouches du Tibre était un emplacement favorable pour un port, il y fonde Ostie (Ostia, les bouches), qui est aujourd'hui à une lieue de la mer

         Ancus martius

Ancus Martius

Le pont sublicius selon luigi canina

Le Pont Sublicius (selon Luigi Canina)

Pour prévenir les délits, devenus plus nombreux par l'augmentation de la population, il creuse dans le tuf du Capitole la prison Mamertine où l'on monte par l'escalier des Gémonies ou des Gémissements (d'où l'expression "voué aux Gémonies". Cette prison a été agrandie par Servius Tullius qui lui laissa son nom Tullianum. Elle fut encore agrandie sous Tibère. (la dénomination de prison Mamertine date du Moyen Âge ). C'était une prison souterraine à deux étages. Selon l'historien Salluste, « Elle contient une salle basse, nommée Tullianum, qui s'enfonce à douze pieds sous terre. Elle est fermée de murs épais et couverte d'une voûte de pierre. C'est un cachot malpropre, obscur, infect, dont l'aspect a quelque chose d'effrayant et d’horrible. »  Ce lieu ne servait pas seulement de lieu de détention, mais aussi d'exécution. Jugurtha et Séjan y furent incarcérés. Cicéron y fera exécuter les complices de Catilina . Et si Vercingétorix y restera six ans avant d'être exécuté pendant le triomphe de César, la plupart des prisonniers ne restaient pas longtemps dans cette prison et étaient exécutés au bout de quelques mois. Selon la tradition catholique médiévale, c'est là aussi que furent détenus les apôtres Pierre et Paul. Pierre aurait été délivré par un ange et aurait baptisé ses geôliers avec l'eau d'un puits qu'il aurait fait jaillir du sol (il est cependant prouvé que ce puits est plus ancien). Un autel leur a été dédié dans le cachot au XIXème siècle. Aujourd'hui, la prison est incluse sous une église.

                           Prison mamertine tullianum coupe schematique du tullianum le cachot inferieur est traditionnellement celui des condamnes a mort

Prison Mamertine Tullianum Coupe schématique du Tullianum.

Le cachot inférieur est traditionnellement celui des condamnés à mort.


Le tuteur de ses enfants, Lucumon un émigré étrusque parvient grâce à d'habiles manoeuvres politiques à se faire élire roi sous le nom de Tarquin après la mort d'Ancus Marcius en 616 av. J.C. Il deviendra le premier roi étrusque de Rome.
Notre mot de passe de la semaine sera "Mamertine" ,

(Mot de passe du 20/1/2015)

 

Horace

Au sabin Numa Pompilius avec qui il ne partage aucune qualité, succède le romain Tullus Hostilius, troisième roi légendaire de Rome donc. Plus belliqueux encore que Romulus, Tullus, d'origine romaine, était le petit-fils d'Hostilius, héros romain de la première guerre contre les Sabins . Son règne fut marqué par la lutte de Rome contre Albe-la-Longue, sa métropole, qui est finalement devenue sa vassale. C'est pendant cette guerre que se situe l'épisode des Horaces et des Curiaces, immortalisé par Pierre Corneille dans sa tragédie "Horace"(1640)! [Pour mettre fin à ce conflit, les chefs des deux peuples conclurent un accord : trois frères défendraient chaque camp, les Horaces pour Rome et les Curiaces pour Albe.« Dès le premier choc, les cliquetis des armes firent passer un grand frisson dans l'assistance ; tous en perdaient la voix, et le souffle. Mais au cœur de la mêlée, les trois Albains furent blessés, tandis que deux Romains tombaient, mourant l'un sur l'autre. Leur chute fit pousser des cris de joie à l'armée albaine ; les légions romaines tremblaient pour leur unique champion, que les trois Curiaces avaient entouré. Par bonheur il était indemne, trop faible, à lui seul, il est vrai, pour tous ses adversaires réunis, mais redoutable pour chacun pris à part. Afin de les combattre séparément, il prit la fuite, en se disant que chaque blessé le poursuivrait dans la mesure de ses forces. Il était déjà à une certaine distance du champ de bataille, quand il tourna la tête et vit ses poursuivants très espacés. Le premier n'était pas loin : d'un bond, il revint sur lui : Le Horace avait déjà tué son adversaire et vainqueur, marchait vers le second combat. Poussant des acclamations, les Romains encouragent leur champion : lui, sans donner au dernier Curiace, qui n'était pourtant pas loin, le temps d'arriver, tue l'autre. Maintenant la lutte était égale, survivant contre survivant ; mais ils n'avaient ni le même moral, ni la même force. L'un, deux fois vainqueur, marchait fièrement à son troisième combat ; l'autre s'y traînait, épuisé. Ce ne fut pas un combat : c'est à peine si l'Albain pouvait porter ses armes ; il lui plonge son épée dans la gorge, l'abat, et le dépouille. »« Horace chargé de son triple trophée, marchait à la tête des Romains. Sa sœur, qui était fiancée à l'un des Curiaces se trouve sur son passage près de la porte Capène ; elle a reconnu sur les épaules de son frère la cotte d'armes de son amant, qu'elle-même avait tissée de ses mains : alors s'arrachant les cheveux, elle redemande son fiancé et l'appelle d'une voix étouffée par les sanglots. Indigné de voir les larmes d'une sœur insulter son triomphe et troubler la joie de Rome, Horace tire son épée, et en perce la jeune fille en l'accablant d'imprécations :" Va, lui dit-il, avec ton fol amour, rejoindre ton fiancé, toi qui oublies et tes frères morts, et celui qui te reste, et ta patrie. Périsse ainsi toute Romaine qui osera pleurer la mort d'un ennemi." Horace fut condamné à mort en raison de ce crime, mais il fit appel à l'assemblée du peuple. Son père plaida pour lui devant l'assemblée et fit valoir qu'il venait de perdre trois enfants, suppliant les Romains de ne pas le priver du dernier. Horace fut acquitté ; des rites de purification furent prescrits ; son père et lui durent « expier »le crime, le premier en offrant des sacrifices, qui devinrent traditionnels dans la gens Horatia, le second en passant sous le joug du Tigillum sororium.] À la fin du règne de Tullus, Albe la rebelle fut rasée, et ses habitants déportés à Rome. Ce roi guerrier battit également les Véiens  et les Fidénates et agrandit la ville par l'incorporation du mont Célius. À sa mort, selon la tradition, on nomma d'abord un interroi, puis le peuple élut comme souverain Ancus Marcius  (640 av. J.-C.), petit-fils du roi Numa Pompilius par sa mère selon Tite-Live (et petit-fils de Numa Marcius, premier Pontife désigné par Numa).
Notre mot de passe pour ce mercredi sera "Horace" !

(Mot de passe du 13/1/2015)

 

   Le serment des horaces jacques louis david

Le serment des Horace (Jacques-Louis David)

Horace venant de frapper sa soeur lagrenee

Horace venant de frapper sa soeur (Lagrenée)

Tullius hostilius

Le roi Tullus Hostilius

Egérie

Reprenons le chemin de Rome où règne Numa Pompilius souvent conseillé par sa muse Egérie ! En voici un légendaire  exemple:
  Pour échapper à la foudre dévastatrice de Jupiter, les Romains avaient coutume de sacrifier un homme et d’offrir au roi des dieux la tête du malheureux. Or, Numa Pompilius n’est pas homme à tolérer un tel carnage et décide convaincre Jupiter d’accepter un sacrifice moins sanglant. Mais comment approcher l’inaccessible Jupiter?  Préoccupé, le roi va trouver sa précieuse Egérie. Ce n’est un secret pour personne dans la cité de Rome : le roi aime aller retrouver la belle Nymphe, à qui il expose ses tourments. Egérie habite un bois sacré aux environs de Rome qu’elle partage avec ses compagnes, les Camènes. Sereine et modérée, elle est à  l’image de la silencieuse forêt qui l’abrite: Egérie sait écouter, et ne parle jamais que pour donner un avis judicieux. La confiance du roi est une fois de plus récompensée. En effet, Egérie lui conseille d’interroger Picus et Faunus, deux dieux agrestes bienfaisants qui sauront le conduire auprès de Jupiter. Et pour appâter les deux divinités, le roi dépose un flacon de vin près de la source où ils ont coutume de se désaltérer. Alors que les dieux, affables, savourent le breuvage, Numa Pompilius réussit à les capturer et les force à lui dire comment s’approcher du maître de la foudre. Parvenu à ses fins, Numa Pompilius se retrouve nez à nez avec Jupiter. Il expose aussitôt sa requête au roi des dieux qui ne manque pas d’admirer son audace. La conversation qui s’ensuit témoigne de la sagesse dont Numa Pompilius fait preuve face à Jupiter. Parvenu à ses fins, Numa Pompilius se retrouve nez à nez avec Jupiter. Il expose aussitôt sa requête au roi des dieux qui ne manque pas d’admirer son audace. La conversation qui s’ensuit témoigne de la sagesse dont Numa Pompilius fait preuve face à Jupiter. Le dieu dit à Numa Pompilius: « Coupe donc une tête ! C’est là tout ce que je demande. » Docilement, le roi lui répond : « J’obéirai, je couperai une tête d’ail arrachée de mon propre jardin. » Mais Jupiter réclame une offrande humaine. Alors Numa l’apaise de son mieux : «  Je couperai donc également des pointes de cheveux. » Le dieu lui rétorque que cette offrande n’a rien de vivant. Et Numa Pompilius de surenchérir : « Alors j’y joindrai aussi un poisson, ô très bon et très grand Jupiter. » Impressionné par sa vivacité d’esprit, le roi des dieux conclut : « Bien, que ce soient là les offrandes expiatoires de ma foudre. »

La fin des sacrifices sanglants ne corrige en rien le tempérament guerrier des Romains. Soucieux de contrôler leurs ardeurs belliqueuses, Numa Pompilius consulte sa muse et proclame le temps de Janus symbole de la Guerre et de la Paix. Ainsi les portes du temple sont-elles ouvertes lorsque la cité est en guerre, tandis que les portes closes symbolisent la paix. Et le temple ne s’ouvrira jamais durant le règne de Numa Pompilius.

Le règne du sage Numa Pompilius s’achève un jour et la disparition du roi provoque l’affliction de ses sujets, ainsi que celles des peuples environnants dont il avait su gagner l’estime. Cependant, nul n’est plus chagriné que la tendre Egérie. Sa douleur est si vive qu’elle se rend dans le bois d’Aricie, dans le Latium, pour laisser libre cours à ses larmes intarissables. Dans l’espoir d’apaiser ses souffrances, Diane la transforme en source.

Egérie (Claude Lorrain XVIIème)


Lorsqu'il mourut de vieillesse en -673, il y eut un nouvel interrègne, puis le peuple romain choisit pour roi Tullus Hostilius.

(Mot de passe du 6/1/2015)

 

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Date de dernière mise à jour : 26/05/2017