Les mots de passe 2018-4

Poppée

Bonjour à tous !

Poppée, la plus belle femme de Rome, est aussi la maîtresse (ou l'épouse, on ne sait pas exactement) d'Othon, le futur empereur, qui, lui, est sans doute l'ami le plus cher (dans tous les sens du terme) de Néron.
Othon vante à son impérial copain les charmes de sa jolie petite amie (ou charmante petite femme). L'empereur insiste pour s'en rendre compte de visu… et ce qui doit arriver arrive : le maître du monde romain tombe amoureux fou de la maîtresse de son meilleur ami.
Mais Poppée est non seulement prodigieusement jolie, mais aussi extraordinairement ambitieuse : la fieffée coquine se refuse au Maître du monde romain tant qu'Othon n'aura pas débarrassé le plancher et que Néron ne lui aura pas promis solennellement le mariage. Néron, pris dans les rets de la belle intrigante, tente de convaincre son pote Othon de s'effacer. Celui-ci, peu soucieux de jouer le rôle d'un nouvel Amphitryon, renâcle. L'empereur commence à la trouver saumâtre : il tempête, menace. Finalement, le meilleur ami de Néron cède, mais est puni de sa mauvaise volonté par un exil en Lusitanie… autant dire au Diable Vauvert !

                                                                                                                    
La voie étant libre, les deux tourtereaux peuvent roucouler à leur guise. Mais, pour la bague au doigt, Poppée devra encore attendre, car, même s'il n'a jamais pu consommer cette union qu'il estime incestueuse, Néron est toujours très officiellement marié à Octavie, et celle-ci, encore très populaire à Rome, est, pour l'instant, absolument intouchable…

Notre mot de passe sera le nom de cette femme, la plus belle du monde, qui a troublé notre Néron...

Bon tournoi, Jamoni

(mot de passe du 11 avril 2018)

Britannicus

Bonjour à tous! Découvrons ensemble qui était vraiment ce "Néron" que l'histoire nous présente comme un monstre sanguinaire...

Néron a symbolisé pour la postérité ce que l'histoire romaine recèle de plus monstrueux et de plus cruel. Les historiens antiques, Tacite et Suétone, ont tracé un étonnant portrait de l'empereur pervers, fou et sanguinaire ; les chrétiens, dont il fut le premier persécuteur, ont encore noirci ce tableau. On doit constater cependant que le solide édifice impérial créé par Auguste, Tibère et Claude ne fut pas ébranlé par son étrange principat. La recherche contemporaine a nuancé l'image proposée par la tradition : la psychologie permet l'analyse et une meilleure compréhension des traits pathologiques de Néron ; l'archéologie donne une idée positive de l'apport esthétique de son règne ; enfin, les études régionales montrent la faiblesse des conséquences du délire néronien sur la vie des provinces de l'Empire.

Lucius Domitius Claudius Nero, est né à Antium en 37 de notre ère, et mourut près de Rome en 68. Il était fils de Domitius Aenobarbus et d'Agrippine la jeune. Agrippine, devenue la femme de Claude, lui fit adopter Néron, au mépris des droits de Britannicus. Burrhus, courageux soldat, et le philosophe Sénèque furent chargés de l'éducation du jeune Néron. Celui-ci devint à empereur en 54; les cinq premières années de son règne furent marquées par de sages mesures.

Mais les mauvais instincts ne tardèrent pas à prendre le dessus. Il avait légitimement secoué la tutelle impérieuse de sa mère. Celle-ci le menaça de soutenir les droits de Britannicus. Néron fit empoisonner le jeune prince (55). En 59, exaspéré par les intrigues d'Agrippine, il ne recula pas devant le matricide. La lâcheté du sénat ne trouva que des félicitations pour l'assassin. Puis il répudia Octavie, tua d'un coup de pied sa concubine Poppée. Il n'est nullement prouvé que Néron soit l'auteur de l'incendie de Rome (64) : la rumeur populaire l'accusa, et il rejeta le crime sur les chrétiens. Les uns furent jetés aux bêtes; d'autres, enduits de poix, servirent de torches pour éclairer pendant une fête les jardins de Néron. Ce fut la première persécution (64-68). Cependant, il s'adonnait à des débauches innommables, scandalisait Rome en montant sur les planches.

Néron et Agrippine
Néron contemple le cadavre de sa mère Agrippine
par Pietro NEGRI © Musée Calvet d'Avignon

Une conspiration formée par Pison fut découverte, et une foule de victimes périrent, parmi lesquelles Pétrone, Thraséas, Corbulon, Lucain, Sénèque. Le signal de la délivrance partit des Gaules: Vindex, gouverneur de la province celtique, et Galba, gouverneur de l'Espagne, entraînèrent leurs provinces dans la révolte. Une partie de l'empire reconnut Galba comme empereur. Le sénat, les prétoriens suivirent cet exemple; Néron, en fuite, se fit donner la mort par un affranchi: « Quel artiste le monde va perdre! », " Qualis artifex pereo !" s'écria-t-il au moment de périr.

Chose incroyable, peu d'empereurs furent autant que Néron, regretté du peuple et des provinces. A plusieurs reprises, de faux Néron se firent acclamer, en Asie, en Grèce. A Rome, sa tombe fut longtemps couverte de fleurs. C'est que Néron fut loin d'être un mauvais administrateur. Quand aucune de ses passions n'était en jeu, Néron, intelligent et instruit, gouvernait bien. Il adoucit le sort des esclaves, introduisit plus de justice dans les lois sur les affranchis et les débiteurs. Doué des dons les plus variés, il cultiva tous ses goûts avec une sorte de furie... A défaut des oeuvres de génie, Néron se rejeta sur le grandiloquent. Telle fut cette Maison dorée, qui, en pleine ville, outre la magnificence extravagante des bâtiments, contenait des parcs, des métairies, des pâturages, des étangs...

Notre mot de passe de ce mercredi sera le nom du frère adoptif de Néron qui inspira par la suite Racine qui en fit l'une de ses tragédies. Et n'oubliez pas: avec 2 n !

Bon tournoi à tous,

Jamoni

(mot de passe du 11 avril 2018)

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